January 29, 2022

Influenceur un jour. Influenceur toujours.

Influenceur(se) est ce un vrai métier ?

Amour, gloire et beauté

Influenceur(se), est-ce un vrai métier ?

C’est une question que l’on est en droit de se poser. Après tout, nous n’avons ni diplôme, ni formation… juste de l’instinct et un certain regard sur les choses.

Cette question m’a souvent été posée par la nouvelle génération car, il est vrai que ce « métier » est considéré comme "cool " et que vous pouvez le commencer du jour au lendemain. En effet, il ne requiert aucun véritable savoir-faire, pas de QI surdimensionné, pas un corps de mannequin à avoir, ni de beauté particulière...

Mais personne n’imagine que derrière les apparences, se cache pour de nombreux influenceurs des difficultés réelles telles que la perte de repères, d'identité, le mal-être, les angoisses, les frontières floues entre vie privée et vie professionnelle.

Un métier exigeant

Beaucoup d'entre-eux (d'entre-nous) sont soumis à un stress constant parce que sur-sollicités car toujours dans l'ultra disponibilité. La communauté est reine et exige de la réactivité, des conseils pertinents, des informations constantes, du contenus réguliers, des réponses aux DM et messages... Et pourtant, même si l'influenceur tente d'atteindre l'excellence, rien ne l'empêchera d'être adoré par certains, détesté par d'autres, adulé un jour, critiqué le lendemain, soumis aux compliments comme aux vagues d'insultes.

Il est bien dur de survivre au mirage de l'image et de la communication et de gérer amour, reconnaissance et décharges de malveillance en ligne.

Je suis bien placée pour en parler. J'ai connu les deux. La grâce et la disgrâce !

Mise en lumière par des articles dytirambiques dans plusieurs magazines comme Vogue, L'Officiel, Madame Figaro et j'en passe... j'ai été mise à mal par une vidéo sur TikTok d'une ancienne Freelance qui avait travaillé pour un de mes magazines. En l'espace de quelques minutes, mon image de femme intègre a volé en éclat. Je suis devenue "la patronne" à abattre. Peu importe ce que je pouvais dire ou faire, mes mots, mes paroles, mes écrits et ne parlons pas de mes actes... rien ne me rendait service. Ma famille en a été une victime collatérale. Ma fille ainée et son petit ami, ont passé des heures, des jours à répondre aux personnes accusatrices qui ne connaissaient rien ou pas grand choses à l'affaire mais forcément jugeaient et condamnaient. La nature humaine est ainsi faite. On a tous souffert de cette situation. Mais le temps panse les plaies les plus béantes. J'ai pris justement mon temps pour revenir sur le devant de la scène, je n'ai pas arrêté de poster, d'écrire, de proposer, d'exister à ma façon. Et, j'ai repris progressivement ma place. Pas entièrement, car encore aujourd'hui il m'arrive d'avoir à répondre à une question en rapport avec cette histoire. J'ai trouvé tout cela bien injuste mais ce fut aussi une des plus belles leçons de ma vie. Celle de ne pas considérer que tout est acquis. Et surtout, garder ses pieds sur terre car TOUT peut voler en éclats en un dixième de seconde.

Money, money, money

Jai la chance d'avoir un métier à coté, un métier différent qui me permet de vivre et de payer mes factures, d'assurer mon quotidien et celui de ma famille. Ce qui est loin d'être le cas de tout le monde. Quand notre communauté grandit, notre renommée augmente, notre visibilité s'accroit et nous sommes alors sollicités par des marques pour communiquer sur leurs produits et/ou leurs services. Beaucoup en rêve, et quitte même leur travail pour ne plus à avoir à jongler entre leurs deux vies. Effectivement, c'est très tentant ! Après tout ce n'est pas l'usine, on fait des vidéos, ou des photos, on poste et on reçoit son cachet.

Justement... combien sommes-nous payés ? L'argent est tabou mais il me semble tout de même que beaucoup de bêtises ont été dites sur la rémunération des créateurs de contenus. Et tout d'abord, il faut différencier le créateur de contenus de l'influenceur, car parfois nous sommes l'un sans être l'autre. Effectivement, il nous arrive de créer du contenus pour une marque et de ne pas le poster sur notre compte , donc de ne pas le promouvoir auprès de notre communauté. Nous fournissons alors un service "technique" en créant une vidéo qui sera exploitée par la marque sur ses propres canaux de communication : réseaux sociaux et/ou site web. C'est une prestation qui est souvent demandée aux micro-influenceurs, car leur "petite" communauté n'est pas sollicitée, seule sa capacité de vidéaste ou de "story-teller" a alors de l'importance. C'est une prestation qui est donc peu rémunérée, on est de l'ordre de 200 à 500 euros la vidéo.

Quand on démarre, c'est souvent les "500" qui priment ! Je ne sais pas pourquoi mais dès qu'on doit faire un premier devis, on le propose toujours à 500 euros. La période des "500" est plutôt longue... On a du mal à s'en débarrasser, à passer le cap, à accepter notre nouveau statut de "influenceur(se)", d'exister à travers notre créativité et donc de la monnayer en tant que tel ! On souffre malheureusement souvent du syndrome de l'imposteur car nous manquons de confiance en nous, nous complexons, nous nous dévalorisons... Ce mécanisme psychique crée un sentiment de scepticisme permanent à l'égard de nos propres valeurs et nous pousse à attribuer notre réussite à des facteurs externes, comme la chance ou le hasard. On en oublie nos qualités et surtout notre créativité ! C'est souvent la rencontre avec de plus gros ou des influenceurs (ses) plus connu(e)s et donc plus expérimenté(e)s qui nous aide à avancer, de passer d'un palier à un autre. Et pour les plus chanceux, il y a la rencontre avec un agent ou une agence qui va gérer leurs intérêts et leur apporter des contrats en lien avec leur image et leurs spécificités moyennant une quote part qui varie de 20% à 50% et un droit d'exclusivité de 1 à 3 ans.

Mes tarifs sont les suivants et correspondent en général à un(e) influenceur(se) moyen(ne) qui officie sur une niche :

  • une vidéo TikTok entre 2000 et 3000 euros
  • un réels Instagram entre 1500 et 2500 euros
  • un pack de 3 Story entre 800 et 1500 euros
  • un post fixe 2000 euros

Il faut bien évidemment construire un devis en fonction du brief de la marque et aussi parfois accepter de travailler pour la renommée et la gloire pour des maisons souvent prestigieuses qui estiment que leur image et leur statut vaut un salaire.

Conclusion

Alors, métier ou pas... il n'en demeure pas devenir essentiel voire incontournable. Le plaisir se trouve, en ce qui me concerne, dans la créativité et le souci du détail. Et il faut bien le dire, il me serait impossible de revenir en arrière.

Je suis comme une abeille prise au piège du pot de miel ! That's Life !


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